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À 17 ans, il réalise de magnifiques photos de sans-abris

Publié le vendredi 12 février 2016 à 21:00.
Ils s’activent / Initiatives / Calvados

« Homeless » a été exposé avec les photos de quatorze créateurs de Surface sans cible, à Caen, au scriptorium de l'abbaye aux Hommes.

« Homeless » a été exposé avec les photos de quatorze créateurs de Surface sans cible, à Caen, au scriptorium de l’abbaye aux Hommes.

Robin, alias Air.G, benjamin de Surface sans cible, association pour le développement de la photographie expérimentale, possède un talent qui ne trahit pas son âge. Dix-sept ans seulement. « Bientôt dix-huit », rectifie le photographe.

Pendant trois jours, de ce vendredi 12 au dimanche 14 février, Air.G présente sa série de photographies sur les gens de la rue, « Homeless», à la galerie Delobel près de Caen. Ses portraits grand format, 60 cm sur 80 cm, « redonnent une identité et une visibilité » à tous ces sans-abri anonymes, souvent méprisés, au mieux ignorés.

« Une photo doit raconter une histoire »

Issu d’une famille caennaise dans laquelle « l’art a une place essentielle », Air.G, a découvert la photographie dès l’âge de 12 ans. « Je publiais des montages photos sur des forums internet et, petit à petit, j’ai eu envie d’utiliser mes propres clichés. » Pour Air.G, une bonne photo « doit raconter une histoire. Je me suis particulièrement intéressé aux portraits et en cherchant un fil conducteur à mes photographies, les images de Sans domicile fixe (SDF) se sont imposées à moi. »Les sujets de ses oeuvres, il les a trouvés près de chez lui. « J’ai habité près de la gare, et ensuite vers la place de la Résistance, confiait-il dans une interview en avril 2015. J’ai appréhendé une autre réalité que la mienne qui pourtant se trouvait sur le pas de ma porte. »

L’importance de la lumière et de la texture

Mais depuis qu’il a 15 ans, cet artiste globe-trotter sillonne les grandes villes pour trouver des gens qui ont « des gueules façonnées par une vie souvent compliquée et douloureuse » : Paris, où il prépare un bac photographie, Montpellier, Berlin, Rome… Aborder ces gens cabossés par l’existence et souvent méfiants n’est pas toujours tâche facile. « Je me promène avec mon appareil photo, explique Air.G, et je trouve toujours des sujets de conversation pour créer la confiance. Je leur parle de mon projet et je prends le temps de les écouter me parler de leur vie. Avec ceux qui habitent à Caen, des liens se sont parfois tissés et je leur donne toujours un tirage papier de la photo que j’ai réalisée. »

Mais le jeune artiste ne se limite pas aux portraits. « J’ai également beaucoup photographié les friches urbaines et les bâtiments abandonnés. Et j’ai aussi un projet de clichés autour de l’architecture contemporaine. »

En noir et blanc ou en couleurs, « tout dépend du sujet, précise-t-il. Pour moi, le principal, c’est la lumière ainsi que les textures que je crée et que j’incruste dans mes photos. C’est la raison pour laquelle le travail de la peau est important dans mes portraits. »

L’été prochain, le jeune photographe espère partir aux États-Unis pour élargir son champ d’exploration, à l’instar de son modèle, Lee Jeffries, le photographe anglais qui parcourt le monde à la rencontre des sans-abri.

Du vendredi 12 au dimanche 14 février, exposition « Homeless» à la galerie Delobel à Caen, de 11 h 30 à 18 h.

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