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Aux États-Unis où débutent les primaires, et donc la course à la présidentielle, un nombre croissant de sans-abri trouvent un refuge précaire mais rassurant dans les campements de fortune réapparus en périphérie des villes, depuis la crise de 2008. Le photographe Shannon Stapleton a sillonné différents campements du pays.

Daniel J. Wabsey, ancien soldat âgé de 58 ans, s’est installé à Camp Hope (« Camp Espoir »), à Las Cruces, dans l’État du Nouveau-Mexique. « J’ai voyagé pendant 35 ou 38 ans, dit-il. Il m’aurait fallu beaucoup de temps pour m’habituer à vivre entre quatre murs. Je veux juste pouvoir manger, dormir et être en sécurité. Avec du bon sens, on peut s’en sortir ici. » / Shannon Stapleton/REUTERS

De Seattle, sur la côte Ouest, à deux pas de la frontière canadienne, jusqu’au Nouveau-Mexique, voisin du Rio Grande, des camps informels sont réapparus aux États-Unis en ce début de XXIe siècle. Des vétérans des guerres américaines en Afghanistan ou en Irak, peu aptes à une « vie normale », des travailleurs pauvres, incapables de payer un loyer, ou encore des chômeurs, s’y sont installés. Ils y vivent dans l’inconfort, mais ces « tent cities » (« villes de tentes ») leur offrent une certaine sécurité, ainsi que la solidarité des démunis.

Confrontées à ce phénomène, les autorités locales ont réagi de différentes manières. Conscientes du manque de logements à prix abordables et des coupes budgétaires, les unes ont tenté d’aider les camps. D’autres ont imposé leur fermeture. Mais les ONG veillent au grain. Ici et là, le provisoire s’est installé dans la durée.

Pour le compte de l’agence Reuters, Shannon Stapleton, photographe installé à New York, a sillonné différents campements du pays, donnant des visages à cette autre face de l’Amérique. Selon un rapport publié l’an passé par les autorités américaines, les États-Unis comptent plus de 600 000 SDF, dont près de 50 000 anciens militaires. Les hommes sont majoritaires (60 %), tous comme les minorités ethniques (40 % de Noirs, 20 % d’Hispaniques). Si une majorité d’entre eux vivent dans des abris temporaires, plus de 170 000 habitent dans la rue, dans des parcs. Ou des « tent cities ».

Photos Shannon Stapleton, Texte Gilles Biassette

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